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Information Générale sur notre pays - Pérou

République du Pérou

Capitale: Lima
Population: 28.7 millions (2007)
Lague Officielle: espagnol (tout le pays), quechua (régional) et aymara (régional)
Groupe Majoritaire: espagnol (76 %)
Groupes Minoritaires: quechua (14,7 %), aymara (1,4 %) plus une centaine de langues autochtones
Système Politique: république unitaire
Articles Constitutionnels (langue): art. 17, 35 et 48 de la Constitution de 1993
Lois linguistiques décret no 21 de 1975, Ley General de la Educación (loi no 2384 du 18 mai 1982), Résolution ministérielle no 121-85-ED du 18 novembre 1985.

1. Situation générale

Carte du Pérou

Le Pérou (en espagnol: República del Perú) est limité à l’ouest par le Pacifique, au nord par l’Équateur et le Colombie, à l’est par le Brésil, au sud par la Bolivie et le Chili (voir la carte). La superficie totale du Pérou est de 1,2 million km² (environ deux fois la France), ce qui en fait le troisième plus grand pays d'Amérique du Sud, après le Brésil et l'Argentine. Lima est la capitale du pays et son principal centre économique.
Au plan administratif, le pays compte 24 départements («departamentos»), eux-mêmes divisés en 180 provinces («provincias»), en plus d'une province constitutionnelle, celle de El Callao. Les départements sont les suivants: Amazonas, Ancash, Apurímac, Arequipa, Ayacucho, Cajamarca, Ciudad de Lima, Cuzco,

Huancavelica, Huánuco, Ica, Junín, La Libertad, Lambayeque, Lima, Loreto, Madre de Dios, Moquegua, Pasco, Piura, Puno, San Martín, Tacna, Tumbes et Ucayali. Les provinces sont intégrées dans des districts («distritos») au nombre de 1747.

2. Données démolinguistiques

Ce pays compte plus de 28 millions d’habitants dont les langues sont au nombre d’une centaine. Les Amérindiens, descendants des Incas, représentent environ 45 % de la population du Pérou; ce sont essentiellement des Quechuas et des Aymaras. Près de 37 % des habitants sont issus d'un métissage entre Amérindiens et descendants d'Européens. Environ 15 % des Péruviens sont d'origine européenne (surtout espagnole). Les 3 % restants sont issus de l'immigration (Japonais, Chinois, Norvégiens, Chiliens, etc.)

Groupe ethnique Population Pourcentage Langue maternelle Affiliation linguistique
Péruviens hispanophones 21 267 000 75,5 % espagnol langue romane
Quechua Cuzco 1 900 000 6,7 % quechua cusco famille quechua
Quechua Ayacucho 1 000 000 3,5 % quechua ayacucho famille quechua
Quechua Puno 500 000 1,7 % quechua de Puno famille quechua
Aymara du Centre 442 000 1,5 % aymara du Centre famille aymara
Quechua Huaylas Ancash 336 330 1,1 % quechua de Huaylla Ancash famille quechua
Quechua Apurimac 280 000 0,0 % quechua apumirac ce l'Est famille quechua
Quechua, Ancash
Conchucos du Sud
260 000 0,0 % quechua conchucos du Sud famille quechua
Quechua Ancash
Conchucos du Nord
250 000 0,0 % quechua conchucos d'Ancash du Nord famille quechua
Quechua Jauja Huancayo 250 000 0,0 % quechua de Huaylla Wanca famille quechua
Aymara du Sud 213 000 0,0 % aymara du Sud famille aymara
Péruviens noirs 137 000 0,0 % espagnol langue romane
Japonais 131 000 0,0 % japonais famille japonaise
Chinois cantonais 120 000 0,0 % cantonais (yu) famille sino-tibétaine
Quechua, Ambo-Pasco 90 000 0,0 % quechua ambo-pasco famille quechua
Quechua Margos Chaulan 83 400 0,0 % quechua de Margos-Yarowilca-Lauricocha famille quechua
Chiliens 82 000 0,0 % espagnol langue romane
Quechua Huancayo du Sud 78 000 0,0 % quechua de Huaylla Wanca famille quechua
Quechua Huamalies 72 440 0,0 % quechua de Huamalies-Dos de Mayo Huánuco famille quechua
Quechua Junín du Nord 60 000 0,0 % quechua du Junín du Nord famille quechua
Afro-Péruviens 55 000 0,0 % espagnol langue romane
Quechua Pachitea 50 000 0,0 % quechua panao de Huanuco famille quechua
Aguaruna 41 000 0,0 % aguaruna famille jivaroan
Quechua Huallaga 40 000 0,0 % quechua huallaga huanuco famille quechua
Quechua Cajamarca 30 000 0,0 % quechua cajamarca famille quechua
Chinocholo
(Afro-Hispaniques)
27 000 0,0 % espagnol langue romane
Zambo 27 000 0,0 % espagnol langue romane
Shipibol 26 000 0,0 % shipibo-conibo famille panoan
Quechua
Pasco-Yanahuanca
21 000 0,0 % quechua yanahuanca de Pasco famille quechua
Quechua Lambayeque 20 000 0,0 % quechua de Lambayeque famille quechua
Quechua Arequipa 17 000 0,0 % quechua arequipa-La Unión famille quechua
Ashéninka Campa 16 000 0,0 % ashéninka pajonal famille arawak
Quechua Jungle 15 000 0,0 % quechua de San Martin famille quechua
Quechua Maranon 13 000 0,0 % quechua conchucos du Sud famille quechua
Ashéninka pajonal 12 100 0,0 % ashéninca pajonal famille arawak
Chayahuita 12 000 0,0 % chayahuita famille cahuapanan
Ashéninka Pichis 12 000 0,0 % ashéninka pichi famille arawak
Injerto 11 000 0,0 % espagnol langue romane
Machiguenga 10 000 0,0 % machiguenga famille arawak
Quechua Cerro de Pasco 10 000 0,0 % quechua Santa Ana de Tus famille quechua
Quechua Chiquian Ancash 10 000 0,0 % quechua chiquian ancash famille quechua
Amuesha 9 800 0,0 % yanesha famille arawak
Huambiza 9 300 0,0 % huambisa famille jivaroan
Quichua Napo 8 000 0,0 % quechua de Napo famille quechua
Ticuna 8 000 0,0 % ticuna isolat linguistique
Norvégiens 7 500 0,0 % norvégien (bokmål) langue germanique
Ucayali-Yurua Ashéninka 7 300 0,0 % ashéninka de Ucayali-Yurua famille arawak
Ashéninka Ucayali du Sud 7 000 0,0 % ashéninka ucayali du Sud famille arawak
Quechua de Lima du Nord 7 000 0,0 % quechua cajatambo du Nord famille quechua
Quechua Chachapoyas 7 000 0,0 % quechua chachapoyas famille quechua
Quechua Chincha 6 600 0,0 % quechua chincha famille quechua
Nomatsiguenga 6 500 0,0 % nomatsiguenga famille arawak
Quechua Sihuas Ancash 6 500 0,0 % quechua de Sihuas Ancash famille quechua
Quechua Yauyos 6 500 0,0 % quechua de Yauyos famille quechua
Yagua 5 700 0,0 % yagua famille peba-yaguan
Ashéninka Perené 5 500 0,0 % ashéninka Perene famille arawak
Apurucayali 5 200 0,0 % apurucayali famille arawak
Cashibo-Cacataibo 5 000 0,0 % cashibo-cacataibo famille panoan
Piro (Yine) 4 000 0,0 % yine famille arawak
Quechua Corongo Ancash 4 000 0,0 % quechua corongo Aancash famille quechua
Candoshi-Shapra 3 100 0,0 % candoshi-shapra isolat linguistique
Achuar Jivaro 3 100 0,0 % achuar-shiwiar famille jivaroan
Urarina 3 000 0,0 % urarina isolat linguistique
Espagnols de Loreto-Ucayali 2 700 0,0 % espagnol de Loreto-Ucayali langue romane
Jebero (Xebero) 2 400 0,0 % jebero famille cahuapanan
Bora 2 225 0,0 % bora famille witotoan
Kokama 2 000 0,0 % cocama-cocamilla famille cahuapanan
Matsés 2 000 0,0 % matsés (mayoruna) famille panoan
Cashinahua 1 600 0,0 % cashinahua famille panoan
Chitonajuas 1 400 0,0 % yaminahua famille panoan
Murui Huitoto 1 100 0,0 % murui huitoto famille witotoan
Quechua Pastaza du Sud 1 100 0,0 % quechua de Pastaza du Sud famille quechua
Muinane Huitoto 1 000 0,0 % murui huitoto famille witotoan
Yaminahua 750 0,0 % yaminahua famille panoan
Jaqaru 735 0,0 % jaqaru famille aymara
Amarakaire 500-1000 0,0 % amarakaeri famille harakmbet
Pisabo 500 0,0 % pisabo famille panoan
Ese Ejja 475 0,0 % ese ejja famille tacanan
Culina 400 0,0 % Culina famille arauan
Kapanawa 400 0,0 % kapanawa famille panoan
Yors 400 0,0 % yora famille panoan
Caquinte 300 0,0 % caquinte famille arawak
Huachipaire 300 0,0 % huachipaeri famille harakmbet
Quechua Pacaroas 250 0,0 % quechua de Pacaraos famille quechua
Orejon (Koto) 200 0,0 % orejón famille tucanoan
Secoya d'Angotero 150 0,0 % secoya famille tucanoan
Amahuaca 100-500 0,0 % amahuaca famille panoan
Cujareno 100 0,0 % mashco piro famille arawak
Nipode Huitoto 100 0,0 % nipode huitoto famille witotoan
Isconahua 80 0,0 % isconahua famille panoan
Arabela (Chiripunu) 50-300 0,0 % arabela famille zaparoan
Ocaina 50 0,0 % ocaina famille witotoan

En ce qui a trait aux langues, quelque 76 % de la population parle l'espagnol comme langue maternelle. À l'exception de certaines langues immigrantes (japonais, norvégien, etc.), les autres langues sont d'origine amérindienne.

Le quechua, avec ses nombreuses variantes, est parlé par 3,7 millions de personnes: c'est le groupe linguistique autochtone le plus important. Le quechua ne constitue pas une communauté linguistique homogène, puisqu’il est fragmenté en une vingtaine de variétés dialectales. Cette fragmentation rend plus difficile la promotion et la préservation de la culture autochtone, et facilite plutôt son assimilation et son extinction.

Ensuite, c'est l’aymara (350 000 locuteurs, surtout dans les Andes) et ses variantes. Signalons qu'une soixantaine de langues sont parlée par un tout petit nombre de locuteurs, souvent par moins de 1000, parfois par moins de 100 ou de 20 individus. C’est donc dire que la plupart des langues péruviennes sont en voie d’extinction.

3. Données historiques

Les archéologies croient que les premières traces humaines au Pérou dateraient d'il y a environ 20 000 ans avant notre ère. On sait de façon plus sûre que, vers 1250 avant notre ère, plusieurs civilisations venues du Nord, notamment les Chavíns, les Chimús, les Nazcas et les Tiahuanacos, s'établirent dans la région. Par exemple, la ville de Chanchan fut construite par les Chimús vers l'an 1000 de notre ère.

Le Pérou dans l'Empire Inca

Entre l'an 1100 et l'an 1300, les Incas, une tribu guerrière du sud de la Sierra, se déplacèrent peu à peu vers le nord de la région jusqu'à la vallée de Cuzco. Leur expansion commença en 1438, avec l'empereur Pacahuetec, qui entreprit de conquérir les terres voisines. Vers 1500, l'Empire Inca s'étendait de la région sud de l'actuelle Colombie, jusqu'au fleuve Maule au Chili et à l'actuelle province de Tucumán en Argentine.

Treize générations d'Incas se sont succédé à la tête de cet empire avant l'arrivée des espagnols. C'était le plus grand empire autochtone du continent. Machu Picchu demeure la cité inca la plus célèbre et l'emblème de toute cette civilisation. Inconnue des espagnols, il fallut attendre le 24 juillet 1911 pour que Hiram Bingham, grâce à des informations recueillies auprès des indigènes, fasse connaître cette cité au monde entier.

3.1. La conquête espagnole

En 1531, le conquistador espagnol Francisco Pizarro débarque au Pérou avec 183 hommes et, utilisant la guerre civile qui divise les Incas, réussit en moins de cinq ans à faire de leur empire une possession espagnole. En 1535, il fonde sur les bords de la rivière Rímac une ville dont il fait sa capitale, Ciudad de los Reyes (la « cité des Rois »), aujourd’hui Lima. Les conflits d’autorité qui opposent bientôt les conquérants espagnols entre eux débouchent sur l’assassinat de Pizarro.

En 1542, Charles Quint, dans le but de rétablir l’ordre, crée la vice-royauté du Pérou, qui englobe toutes les possessions espagnoles d’Amérique du Sud, à l’exception de l’actuel Venezuela. De « nouvelles lois » sont promulguées, afin de tenter de protéger les Indiens des violences de l’exploitation des conquistadores. Mais le premier vice-roi espagnol, Nunez de Vela, arrivé au Pérou en 1544, suscite une vive hostilité de la part des colons qui se rebellent et le tuent : les « nouvelles lois » ne sont jamais appliquées.

C’est avec l’arrivée, en 1569, du vice-roi Francisco de Toledo, que le système colonial, qui allait prévaloir pendant plus de deux siècles, se met véritablement en place. Il entreprend l’intégration de la population indienne, groupée en communautés agricoles, placées sous la tutelle d’un particulier ou de l’État, et favorise son évangélisation. La période qui suit est particulièrement prospère, les Espagnols introduisent sur les premiers plateaux andins de nouvelles cultures (blé, vigne, olivier) et se mettent à cultiver la canne à sucre dans des plantations côtières, en important des esclaves. Cependant, la véritable richesse du Pérou se trouve dans son sous-sol qui recèle de nombreux métaux précieux, et en particulier l’argent (gisement du Potosí) qui donne au pays un rôle prépondérant dans la production mondiale jusqu’au XVIIIe siècle. À partir de 1630, cependant, une phase de déclin de la production s’amorce, provoquant une longue dépression économique. Dans ce contexte de marasme économique et social, des aspirations à l’indépendance vont bientôt voir le jour.

3.2. L’indépendance (1821)

En 1780, 60 000 Amérindiens, menés par José Gabriel Condorcanqui (qui adopte d’ailleurs le nom de son ancêtre, l’inca Túpac Amaru), se révoltent contre l’autorité espagnole. L’insurrection est écrasée en 1781 et Condorcanqui est exécuté, de même que des milliers de ses camarades révolutionnaires. En 1814, une autre révolte est à son tour réprimée ; pourtant, l’opposition à l’autorité impériale gagne toute l’Amérique du Sud espagnole.

José de San Martín lors de la proclamation de l'Indépendance du Pérou

En septembre 1820, José de San Martín, un Argentin qui a battu les forces espagnoles au Chili, débarque avec ses troupes au Pérou. En juillet 1821, il entre dans la ville de Lima, insurgée. L’indépendance péruvienne est proclamée le 28 juillet 1821 et San Martín reçoit le titre de Libertador (Libérateur). Mais il est rapidement évincé par Simón Bolívar, le héros

de la révolution vénézuélienne, qui entre au Pérou en 1822, et met en déroute l’armée espagnole en 1824, lors de la bataille de Junín, le 6 août, et de la bataille d’Ayacucho, le 9 décembre, avec l’aide du général Sucre.
Les années suivantes sont extrêmement chaotiques. Une fois Bolívar parti pour la Grande-Colombie en 1826, le pays passe sous le joug des propriétaires fonciers et de la dictature militaire. Le Pérou ne connaît pas la paix avant 1845, lorsque Ramón Castilla, un vétéran d’Ayacucho, s’empare de la présidence. Durant ses deux mandats (1845-1851 et 1855-1862), il entreprend de nombreuses réformes : abolition de l’esclavage, adoption, en 1860, d’une Constitution libérale, construction de voies ferrées. Castilla commence également à exploiter le guano et les riches gisements de nitrate. En 1864, cette exploitation est à l’origine du conflit qui débouche sur une guerre entre le Pérou et l’Espagne, après que cette dernière s’est emparée des îles Chincha, riches en guano. Allié à l’Équateur, à la Bolivie et au Chili, le Pérou en sort victorieux et le traité de 1879, qui mettait fin à la guerre, est l’occasion de voir pour la première fois sa souveraineté officiellement reconnue par l’Espagne.

3.3. La lente reconstruction

La reconstruction fut lente et se fit avec l'aide de capitaux étrangers. Après avoir été président de la République entre 1908 et 1912, Augusto Leguía y Salcedo reprit le pouvoir en 1919 à la faveur d'un coup d'État militaire et exerça ensuite une autorité quasi dictatoriale. En 1924, alors qu'il était au pouvoir, des intellectuels péruviens exilés fondèrent l'Alianza Popular Revolucionaria Americana (Alliance populaire révolutionnaire américaine) ou APRA, un mouvement de tendance marxiste, influencé par la révolution mexicaine. Comme l'Alliance exigeait des réformes fondamentales contre l'oligarchie conservatrice, elle fut rapidement interdite par Leguía y Salcedo, ce qui ne l'empêcha pas de devenir un parti politique extrêmement influent. Mais l'oligarchie foncière se maintint en place grâce à des dictatures et à des régimes plus libéraux.

En 1942, des conflits territoriaux opposèrent l'Équateur et le Pérou. À l’issue du conflit, l'Équateur dut céder au Pérou quelque 200 000 km² de territoire, soit sa sa provinces amazonienne de El Oro, le protocole de Rio de Janeiro ayant fixé les frontières des deux pays. Le conflit fut même ravivé en 1950 et en 1960.

Après une nouvelle tentative des militaires pour s'emparer du pouvoir, l'élection de 1963 permit le retour à la démocratie, avec la victoire de Fernando Belaúnde Terry. Celui-ci fut cependant évincé en octobre 1968, la Constitution fut suspendue et une junte militaire s'installa au pouvoir, sous la direction du général Juan Velasco Alvarado. Au début des années soixante-dix, le gouvernement de Velasco entreprit à son tour une réforme radicale du système économique et social: saisie des terrains d'élevage appartenant à des intérêts étrangers, contrôle des prix sur les biens et services fondamentaux et réforme agraire; l'industrie de la pêche d'anchois fut nationalisée en 1973. Après une série de grèves et de manifestations organisées pour exprimer l'insatisfaction populaire vis-à-vis du président Velasco, un nouveau coup d'État militaire renversa le gouvernement péruvien, le 29 août 1975. Le lendemain, le général Francisco Morales Bermúdez, qui avait été premier ministre et ministre de la Guerre sous Velasco, devint président. Son gouvernement annonça que le pays retournerait à la démocratie en 1980. Cependant, et en réponse à l'agitation sociale qui se développait à cause de l'augmentation vertigineuse du coût de la vie, l'état d'urgence fut proclamé.

3.4. Le retour à la démocratie

En 1980, une élection présidentielle fut organisée. Le vainqueur, l'ancien président Belaúnde Terry, ne parvint pas à redresser la situation économique. Pendant les cinq années qui suivirent, le revenu par habitant diminua et la dette extérieure du pays augmenta. Par ailleurs, les guérilleros maoïstes du Sentier lumineux (Sendero luminoso) intensifièrent leurs actions. La guérilla fut probablement responsable de la mort d'au moins 18 000 personnes, dans les années quatre-vingt. La victoire, pour la première fois dans l'histoire du pays, du candidat de l'APRA, Alan García Pérez, lors de l'élection présidentielle de 1985, ne parvint pas à inverser la tendance, et le déclin économique du pays se poursuivit.

En juin 1990, Alberto Fujimori, un fils d'immigrés japonais, succéda à García Pérez. Le nouveau président de la République imposa un programme d'austérité afin de combattre l'hyperinflation (1000 % en 1988-1989) qui avait totalement discrédité le régime précédent. La crise économique provoqua une nouvelle escalade des actions de la part du Mouvement Tupac Amaru (MRTA) et du Sentier lumineux, lesquels commencèrent à viser les infrastructures administratives de Lima. Invoquant le terrorisme et la corruption dans les milieux gouvernementaux, le président Fujimori suspendit la Constitution en avril 1992 et prononça la dissolution du Congrès. En septembre, l'arrestation d'Abimaël Guzman, le chef du Sentier lumineux, permit au chef de l'État de conserver le soutien de la population. De nouvelles élections furent alors fixées pour 1995 et Alberto Fujimori fut réélu (9 avril). Toutefois, le danger terroriste subsista et se manifesta une nouvelle fois, du 18 décembre 1996 au 22 avril 1997, lors d'une prise d'otages à l'ambassade du Japon par un groupe se réclamant du Mouvement Tupac Amaru.

En janvier 1995, le différend qui opposait le Pérou et l'Équateur depuis des décennies (1942) ressurgit au sujet du contrôle de la cordillère du Condor. Cette zone, longue de 78 km et riche en gisements pétroliers, avait été attribuée au Pérou en 1950 après arbitrage international. Mais l'Équateur, qui n'avait jamais accepté cette décision, déclencha les hostilités. En octobre 1998, les deux pays ont signé à Brasilia (Brésil) un accord de paix, suivi en mai 1999 de la démilitarisation de la zone et d’accords de coopération bilatérale.

En dépit de la Constitution, le président Fujimori brigua un troisième mandat à l’élection présidentielle de 2000. Malgré 1,5 million de signatures, la tenue d’un référendum visant à empêcher sa candidature a été rejetée par le Congrès. Face au candidat indien Alejandro Toledo, et malgré le monopole des médias, Fujimori a été contraint de concéder un second tour. Son adversaire a alors refusé de participer au scrutin. Alberto Fujimori a été élu, mais ce fut une élection contestée dans le pays comme à l’étranger. En novembre 2000, à la suite d’un scandale politico-financier impliquant le chef des services de renseignement, l'un de ses proches conseillers, Alberto Fujimori s’est réfugié au Japon à l'occasion d'un voyage officiel et a annoncé sa démission. Le Congrès péruvien l’a refusée et a prononcé sa déchéance politique pour «incapacité morale permanente».

Pour ce qui est des autochtones péruviens, la situation ne semble guère s'améliorer, même avec un président de la République issue de l'ethnie quechua (Alejandro Toledo), qui ne parle pas la langue ancestrale; principal artisan de la chute du président Alberto Fujimori et de son régime autoritaire, Alejandro Toledo est le premier président d’origine amérindienne élu démocratiquement au Pérou. La politique actuelle tend même à diminuer les droits aux autochtones, plutôt que de les améliorer. Il ne reste plus aux autochtones qu'un vague statut de co-officialité dans certaines régions. Dans une étude menée par le professeur Federico Dejo de l'Université Agraire, 81 % des autochtones vivant à Lima affirment avoir subi ou avoir été témoin de discrimination raciale. Pour finir, les langues autochtones disparaissent à un rythme affolant.

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