Madame Natividad Lozano Flores seulement sait qu´elle est née il y a 54 ans dans l´espace vide construit avec des pierres trapézoïdales, mais sa mémoire se perd si elle tente de connaître ses origines parmi les innombrables ancêtres qui ont habités le palacete (petite maison construite dans les constructions déjà existantes de l´époque inca) inca il y a plus de 700 ans à Ollantaytambo, la dernière ville inca qui existe au Pérou.
La ville inca, cachée derrière les façades coloniales du village, apparaît vive et fulgurante, comme si le temps s´était arrêté dans ces petites rues étroites et silencieuses couvertes de pierre.
L´histoire vivante la conservent les habitants, descendants du métissage inca et espagnol qui gardent les coutumes de cette symbiose païenne et catholique. Dans le terrain situé dans la rue del Medio vivent tríos famillas depuis des temps très lointains, et attendant tous les jours la légion de touristes afin de leur raconter, fiers, l´étonnant passé inca.
Doña Natividad assure qu´ils n´existent que deux terrains qui gardent les memes profils architectoniques des incas. Une entrée sans porte s´ouvre sur un patio entouré de nombreuses chambres, toutes construites de pierre poncée parfaitement alignées et qui ont résisté sans aucun problème aux intempéries et aux années.
« nous n´avons jamais eu à peindre, refaire ni reconstruire. Nous lavons seulement quelques fois pour enlever la poussière, Ça a toujours été comme ça », affirme l’habitante.
Ollantaytambo - Cusco - Pérou
La bienvenue
Dans l´une des habitations du terrain, les cochons d´Inde qui courent librement dans la chambre de la propriétaire reçoivent les visiteurs. « Nous les élevons dans la cuisine. Nous ne les vendons pas et nous les mangeons seulement lors d´occasions spéciales: baptême, mariage, anniversaire.”, explique l´amphitryone au nuage de touristes venus du Japon, des Etats- Unis et d´Espagne qui la dévisagent à se fatiguer.
A coté de sa cuisinière à bois, se dressent sur un autel trois squelettes, considérés comme les gardiens de la maison. « on ne nous a jamais volé, ils appartiennent à nos ancêtres et chaque fois que rentre une personne bizarre qui veut nous faire du mal, les squelettes l´effraient. »
Suspendues au toit, pendent les tranches de viande séchée de lama,les épis de mais au grand grain uniques au Pérou et dans le monde et des morceaux de poisson salé, aliments que les habitants des Andes utilisaient il y a des milliers d´années. Dans un des coins de la maison, on trouve le Ekoko, être mythologique de la chance, entouré de fleurs et d´encens.
La señora Lozano se considère chanceuse de vivre dans ce palacete de pierre, dans la dernière ville inca qui a survécu aux vicissitudes du temps pour se lever pierreuse et magnifique face aux yeux du monde.
Histoire
- Ollantaytambo se situe dans le district du même nombre, province d´Urubamba, environ à 80 km au nord- ouest de la ville de Cusco et à une altitude de 2,792 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- En accord avec quelques historiens, le complexe archéologique d´Ollantaytambo appartient à l´étape Inca Impérial, c´est-à-dire à l´époque comprise entre les incas Pachacútec et Huayna Cápac.
- Cette étape a inclus trois générations seulement de gouverneurs incas et a précédé les conquistadores de seulement 150 à 200 ans.
– le peu de temps apparent qui a existé entre le dessin et la construction de cette citadelle ou forteresse de granit fait douter beaucoup de chercheurs sur son origine véritable.
- Ollantaytambo montre le processus inca de réalisation de leurs édifices. Là, s´exhibent l´origine, l´extraction, la coupe, le transport et l´assemblage parfait des pierres.
Forteresse unique
Par les rues étroites d´Ollantaytambo, marchent hommes et femmes dans leurs tenues typiques identiques à celles utilisées à l´époque de Pachacútec. Il ordonna la construction au 13è siècle de la forteresse militaire et religieuse qui se dresse imposante et mystérieuse entre les montagnes qui entourent le village inca.
Monter les 300 marches d´escaliers et terrasses de la forteresse jusqu´á la partie supérieure, où se trouvent les restes du temple du soleil inachevé et ses énormes monolithes de couleur roux qui pèsent des douzaines de tonnes, est quelque chose d´éreintant mais gratifiant.
D´en haut, on domine le panorama de la Vallée Sacrée des Incas. La centaine de touristes qui quotidiennement parcourt les plateformes sont surpris par l´impressionnante construction architectonique et par le sacrifice qu´ont réalisé les péruviens de l´époque pour emporter les pierres taillées jusqu´au bout de la montagne.
Le taillé artistique des pierres converti Ollantaytambo en une des oeuvres d´art des plus admirables du monde, réussi par les ancêtres péruviens qui ont pu vaincre les caprices du climat et le temps pour construire dans les montagnes andines une forteresse militaire et religieuse.
Selon la langue Aymara, Ollantaytambo vient du vocable ulla-nta-wi”, qui veut dire lieu pour voir jusqu´en bas “lugar para ver hacia abajo”; le mot “tambo” veut dire rajouter postérieurement.
En quechua, le nom vient du mot Ollanta (le nom d´un capitaine inca dont l´histoire a été gardé comme une tradition orale, et écrite comme un drame d´Antonio Valdez, religieux d´Urubamba, au milieu du 18è siècle; le terme “tambo” est un dérivé espagnol du vocablo quechua “tampu”, qui veut dire “ciudad que ofrece alojamiento, comida y consuelo a los viajeros” (ville qui offre un toit, à manger, et du réconfort aux voyageurs.)
Cette forteresse et ville inca se confondent et forment un tout pour nous transporter dans l´imaginaire et pour quelques heures vers un passé mémorable et magique.