Après 25 ans d´absence, l´artiste Jota Castro ne cache pas l´étrangeté de quelqu´un qui s´est absenté “ plus de la moitié de ma vie” comme lui- même le dit, du Pérou. Né à Yurimaguas en 1965, il est actuellement un des artistes mieux payés et recherchés par le marché artistique mondial.
Il est propriétaire d´une oeuvre qui depuis différents supports, réfléchit sur l´état actuel des choses, regard non sans critique ni ironie. Lors de sa visite à Lima, Castro planifie la réalisation de l´intervention urbaine « La Palabra de los Mudos » demain, en faveur à l´intégration et au dialogue.
La trajectoire de cet artiste ressemble à celle des nombreux migrants qui sortent du pays à la recherche de meilleures conditions de vie. Résident à Bruxelles (Belgique), il a été fonctionnaire de plusieurs groupes diplomatiques, mais il y a plus de 10 ans il a commencé une carrière artistique à laquelle il se dévoue totalement.
« J´utilise toujours la formule qui dit que nous n´avons qu´une seule vie. Il n´y a aucune obligation à faire les mêmes choses: j´ai simplement décidé que le statut et la sécurité de l´emploi ne m´intéressent pas », commente- t-il lorsqu´il se souvient les raisons de son virage professionnel »
Il signale qu´en Europe onle considère un “météore” pour sa participation toujours plus importante aux biennales. « Mon travail circule dans les meilleures galeries du monde. Comment l´expliquer, je ne sais pas, et il vaut mieux d´ailleurs ne pas savoir. L´art n´est pas une seule pièce, mais une quantité d´œuvres à faire. Il existe une figure mythique de l´artiste, mais en réalité il s´agit de travail.»
Jota Castro
Posture depuis l´art
Castro est un homme de son temps et il a démontré à plusieurs occasions sa préoccupation pour son entourage. « il y a des gens qui veulent arrêter cette histoire de faire de l´art purement esthétique. Ils sont engagés dans le monde dans lequel on vit, pas obligatoirement d´un point de vue idéologique. C´est un moment pour donner des opinions: l´artiste les a et les montre dans son œuvre.
Pour Castro, c´est un moment très intéressant parce qu´il existe des artistes de toutes les parties du monde, comme lui, qui proviennent de l´ « Extrême Occident », dit- il.
“Je crois que l´artiste peut être un Nexo entre le pouvoir et les gens pour transmettre une forme de culture d´observation. Pour moi, l´information est le pouvoir. . Je me permets d´informer, d´obliger les gens à réfléchir. Si les gens pensent davantage, mon œuvre est déjà faite.
Jota Castro travaille avec divers supports: performance, peinture, sculpture, photographie, intervention graphique ou urbaine et opère.
Plage controlée
Sur La palabra de los mudos, Castro soutient qu´il cherche la participation du public. “ Une des meilleures façons pour faire que le public s´intéresse à l´art est qu´il fasse partie de cette œuvre. C´est ce qui me plait. L´idée est d´emmener le plus grand nombre de monde possible à la Plage Redondo et de faire quelque chose qui ne s´oubliera jamais. Ce sera une première mondiale, spectaculaire et surprenant.
Faits
- Pour participer à La Palabra de los Mudos, il faut s´inscrire sur le web: lapalabradelosmudos.org
- La rencontre se fera sur l´avenue Bajada Balta (Miraflores), à 10h00. L pièce commencera à 11h30 sur la Plage Redondo. Un orateur s´adressera au public sans parler.
- L´événement compte l´appui de la Municipalité de Miraflores, l´Agence Espagnole pour La Coopération Internationale et le développement, la Haute technologie Andine et la Fondation Prince Charles pour la Culture et le développement.